Imaginons ceci…
Nous ouvrons notre téléphone pour quelques minutes, une recette apparaît, puis un influenceur nous explique quels aliments éliminer. Quelques secondes plus tard, un autre affirme exactement le contraire. Ensuite, quelqu’un nous promet de perdre 10 kilos sans effort ou de guérir notre inflammation grâce à un seul aliment.
En moins de cinq minutes, nous avons reçu davantage de conseils nutritionnels qu’il y a vingt ans en une année entière.
Mais une question demeure : combien de ces conseils sont personnalisés et reposent réellement sur des données scientifiques… et combien reposent simplement sur des opinions, du marketing ou la recherche de clics?
Aujourd’hui, je vous propose d’apprendre à faire la différence entre une information nutritionnelle crédible et un contenu qui peut, parfois, nuire à notre santé.
Voici l’entrevue radio à laquelle le journaliste Adrien Blanc et son équipe de Radio-Canada m’ont invitée à y participer pour les aider à y voir plus clair.
Cliquer ici pour l’entrevue radio svp
Voici le résumé des points saillants.
Merci de l’intérêt que vous portez à la saine alimentation et bonne écoute ou lecture!
Et surtout ‘’Savourez la vie’’!
Votre nutritionniste et conférencière, membre de l’Ordre des diététistes nutritionniste du Québec, Johanne Vézina, Dt.P.
Résumé :
1. Les réseaux sociaux influencent fortement notre alimentation
- Les influenceurs ont un impact grandissant sur les habitudes alimentaires.
- Les algorithmes proposent continuellement des conseils nutritionnels, des recettes et des régimes.
- Il devient difficile pour le public de distinguer les informations fiables des fausses promesses.
2. Très peu de créateurs sont réellement qualifiés
- Selon l’étude dirigée par la Dre Leah Cahill (Université Dalhousie, Nouvelle-Écosse) :
- Moins de 25 % (22,5 %) des contenus analysés provenaient de médecins, diététistes ou nutritionnistes.
- Plus de trois contenus sur quatre sont donc produits par des personnes sans formation reconnue en nutrition.
À noter que les conseils les plus populaires ne sont pas nécessairement les plus fiables.
3. Les conseils nutritionnels devraient être personnalisés
Une véritable consultation nutritionnelle faite par un ou une nutritionniste ou diététiste membre d’un ordre tel l’Ordre des diététistes nutritionnistes du Québec, tient compte notamment :
- Des maladies;
- Des médicaments;
- Des allergies ou intolérances alimentaires;
- Des habitudes alimentaires;
- Des goûts et préférences;
- Des aptitudes culinaires;
- Du mode de vie (budget);
- Des objectifs de santé.
Un influenceur ne possède généralement pas ces informations avant de faire une recommandation.
4. Les faux conseils les plus fréquents
Parmi les messages trompeurs retrouvés sur les réseaux sociaux :
- Régimes miracles;
- Jeûner ou sauter des repas;
- Promesses de perte de poids rapide;
- Détox;
- Aliments miracles;
- Solutions uniques applicables à tout le monde.
Ces conseils reposent souvent sur peu ou pas de preuves scientifiques.
5. Il n’est pas nécessaire de jeûner pour améliorer sa santé
Les meilleures données scientifiques actuelles montrent qu’il est souvent plus efficace de :
- Manger davantage de légumes;
- Consommer plus de fruits;
- Choisir des grains entiers;
- Privilégier des aliments protéinés maigres (tels volaille, poisson, légumineuses);
- Adopter de bonnes habitudes durables.
Mieux manger est généralement plus efficace que manger moins.
6. Les « super aliments » n’existent pas
Le terme « super aliment » est essentiellement marketing.
En réalité :
- Aucun aliment ne guérit tout;
- Aucun aliment n’est parfait;
- C’est l’ensemble de l’alimentation qui compte.
7. Aucun aliment n’est interdit
Une saine alimentation permet de manger de tout.
L’objectif est plutôt :
- Augmenter la fréquence des aliments nutritifs;
- Diminuer celle des aliments ultra-transformés;
- Conserver le plaisir de manger.
Exemple :
Une crème glacée peut très bien faire partie d’une alimentation équilibrée, surtout lorsqu’elle est accompagnée de fruits de saison, tels les bleuets.
8. Les gens de tous les âges et particulièrement les jeunes (ados, jeunes adultes et parfois même les enfants) sont particulièrement ciblés par les influenceurs.
Les compagnies utilisent parfois :
- Plusieurs dizaines ou centaines d’influenceurs pour promouvoir 1 produit;
- Des messages qui ressemblent peu à de la publicité;
- Des contenus spécialement conçus pour attirer :
9. Le marketing est souvent déguisé
Les produits les plus fréquemment promus sont notamment :
- Boissons sucrées;
- Boissons énergisantes;
- Restauration rapide;
- Croustilles;
- Bonbons.
Ces promotions paraissent souvent être des recommandations personnelles, mais ne le sont pas.
10. Comment reconnaître une information crédible?
Avant de croire un conseil nutritionnel, il est utile de se demander :
- Qui parle?
- Quelle est sa formation?
- Est-il ou elle membre de d’un Ordre professionnel? Par exemple, l’Ordre des diététistes nutritionniste du Québec?
- Se poser des questions
- Prendre une photo de : l’aliment ou du produit en question, de la liste des ingrédients et du tableau de valeur nutritionnelle et la montrer à sa/son nutritionniste
- Les affirmations reposent-elles sur des études scientifiques?
- Y a-t-il un conflit d’intérêts?
- Y a-t-il une commandite?
Consulter un ou une nutritionniste ou diététiste membre d’un ordre professionnel, demeure la meilleure approche. On peut nous consulter en personne ou à distance.
Ensemble, nous avons vu que :
1. La popularité n’est pas un gage de crédibilité.
2. Une alimentation saine ne repose pas sur les régimes miracles, mais sur des habitudes durables.
3. Avant de suivre un conseil vu sur les réseaux sociaux, vérifiez les qualifications de la personne qui le donne.
« Les réseaux sociaux peuvent être une excellente source d’inspiration… mais ils ne devraient jamais remplacer les conseils personnalisés d’un ou d’une nutritionniste diététiste membre d’un ordre professionnel »


